08-08

ARTICLE / MARZY, UN VILLAGE MORT !

« Marzy, un village mort », c’est, vu de la place de l’Eglise, ce qu’on pouvait lire dans Le Réveil Républicain du mardi 14 mai 1907 ! Un état des lieux qui faisait suite à une visite du 9 mai de la même année, jour de fête de l’Ascension.

La forme et le fond, tout dans le texte surprend. Un style quelque peu suranné, des références culturelles hors d’âge, quelques expressions qui ne franchiraient plus le cap du politiquement correct. C’est néanmoins le contraste avec le Marzy d’aujourd’hui qui constitue la plus énorme surprise.

Morceaux choisis.

L’article commence de façon plutôt plaisante.  « Un joli village, pas si éloigné de Nevers que nos citadins n’y puissent aller sans fatigue … agréable à l’œil au milieu de ses vergers touffus ». Mais le propos devient très vite moins amène. Malgré « le plaisir de cheminer, les pétales blancs tombant des marronniers et le parfum des lilas » l’auteur rend compte de son « impression de tristesse, de solitude » en arrivant sur « la place ombragée face à l’antique église de Marzy… Les cabarets sont vides… L’ennui général règne sur la place. Il y a bien un étranger, planté comme un Anglais devant l’obélisque, mais son air  mélancolique, analogue aux circonstances, semble accentuer encore plus l’ennui général qui règne sur la place ».

Si l’église demeure le témoin privilégié du temps qui passe, l’assertion est, de nos jours, très largement battue en brèche. Au quotidien tout autant que lors de nombreux rassemblements festifs. En effet, signe des temps, régulièrement, les places de parking se font rares. La mairie, les commerces, le musée, la bibliothèque et la poste qui entourent la place en sont la cause directe. Libérée et barrièrée, le public s’en empare alors pour accueillir Téléthon, Garçon la Note, Zaccros d’ma rue, courses cyclistes, Père Noël. Pour y célébrer Saint Vincent. Mais, bien plus encore, coïncidence fortuite, aux alentours de l’Ascension. Une fête foraine très animée y bat son plein. Celle de l’andouillette y a ses habitudes et réunit un nombre considérable de convives. Les terrasses des deux cafés offrent de beaux moments de convivialité.

« Là, où pendant des siècles, s’est concentrée la vie sociale des habitants, Homais (*) est parvenu à faire le vide » lit-on encore.

Un vide très largement comblé depuis. A contrario des campagnes qui se dépeuplent, celle qui se déverse aujourd’hui au centre bourg confère à l’endroit un indéniable caractère d’authenticité allié à une certaine modernité tandis que la vie y est intense.

« On nous dit que l’église est fermée » poursuit le journaliste « le maire étant absent, il nous faut renoncer à y entrer ». Résistance au changement ou habitude bien ancrée ? Un peu plus d’un an après la loi proclamant la séparation de l’Eglise et de l’Etat ? Aujourd’hui, seuls les pigeons y sont indésirables. Un grillage leur interdit tout  accès.

(*) Personnage de fiction créé par Gustave Flaubert. Sot prétentieux et pédant il joua un rôle négatif auprès d’Emma Bovary